Le Dispositif R2D2/MINKA en première ligne dans la réponse d’urgence à l’ouragan Mélissa

Le 29 octobre 2025, Haïti a été frappée par l’ouragan Melissa, un ouragan de catégorie 5 et d’une violence exceptionnelle. Avec des vents dépassant les 250 kilomètres à l’heure et des vagues gigantesques, les dégâts matériels et humains ont été considérables, affectant durement les départements du Sud et du Nord-Ouest, zones d’intervention clés du dispositif R2D2/MINKA.

Ces intempéries majeures ont accentué la vulnérabilité socio-économique et alimentaire des ménages ruraux, provoqué la dégradation de plusieurs tronçons routiers, emporté du bétail ainsi que des équipements de pêche, et détruit une grande partie des moyens de subsistance locaux. Le bilan humain déplore tragiquement 43 vies perdues à travers le pays.

Une mobilisation rapide et une réponse d’urgence concertée grâce au Fonds de Contingence de R2D2/MINKA

Face à l’ampleur de la crise, le dispositif Réponse aux Risques pour un Développement Durable (R2D2/MINKA) a immédiatement activé son Fonds de Contingence dans le souci de renforcer les moyens de subsistance des familles sinistrées et collaborer étroitement avec les structures locales de Protection Civile. Ce mécanisme, porté par le consortium d’organisations haïtiennes (ITECA chef de file, ADEMA et VETERIMED) avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), permet de déployer une aide rapide et multisectorielle.

Les actions concrètes et sectorielles dans les départements du Sud et du Nord-Ouest

  1. Relance Agricole et Infrastructures (ITECA)

L’ITECA concentre ses efforts sur des communes touchées du Sud, notamment Aquin (2e section Bellevue) et Cavaillon (5e section Laroque, 3e section Gros-Marin et 4ème Mare Henri), en fournissant :

  • Des semences de cultures maraîchères (Tomate, poivron, chou, gombo, etc), de maïs et d’haricot, ainsi que des plants de banane pour relancer la production vivrière
  • Des outils de travail agricole (machette, pioche, houe)
  • Des ovins (moutons) pour restaurer le capital des ménages
  • Du matériel aratoire au CLPC de la 2e section Bellevue (Aquin) et de la 3ème section Gros-Marin (Cavaillon) pour l’amélioration des routes agricoles.
  1. Restauration du capital bétail (VETERIMED)

Pour sécuriser le capital essentiel des familles, VETERIMED intervient auprès de 445 familles dans le Sud, en fournissant du bétail pour renouveler les pertes :

  • 220 familles bénéficiaires d’ovins à Arniquet
  • 225 familles bénéficiaires d’ovins et caprins à Torbeck (Durcis et Beraud).
  1. Rétablissement des Accès et Protection Côtière (ADEMA)

Dans le Nord-Ouest, ADEMA se concentre sur la restauration des infrastructures et le soutien aux pêcheurs :

  • Rétablissement de l’accès aux axes routiers cruciaux (Bombardopolis à Baie-de-Henne) au bénéfice de plus de 40 000 personnes
  • Assistance en matériels de pêche pour quatre associations de pêcheurs de Bombardopolis et Baie-de-Henne
  • À Baie-de-Henne, des travaux urgents de stabilisation (Gabions, canaux) sont entrepris sur la ravine La Coupe pour la protection des berges et des structures
  • Distribution de 600 moustiquaires pour la prévention des maladies post-catastrophe.

Cette intervention s’inscrit dans la continuité de l’engagement du dispositif R2D2/MINKA à renforcer la résilience des communautés rurales face aux chocs climatiques récurrents. Le R2D2/MINKA réaffirme sa détermination à être aux côtés des populations, en s’appuyant sur les structures locales pour une réponse toujours plus efficace aux risques de catastrophe avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD).

La gouvernance agricole locale se renforce avec la tenue de la première Table de Concertation Agricole dans la commune de Cavaillon

Dans sa démarche constante de renforcer l’autonomie et les capacités des communautés rurales et paysannes, la gouvernance locale constitue un outil clé.

Le 9 octobre 2025, l’ITECA a appuyé la tenue de la première Table de Concertation Agricole Communale (CAC) à Cavaillon, apportant un soutien structurant au Bureau Agricole Communal (BAC). Cet événement a été organisé dans le cadre du lancement opérationnel du projet “Renforcement de la Production Agricole pour une Amélioration Durable de la Situation Alimentaire dans la commune de Cavaillon” (RAPASA).

Un rassemblement inédit d’acteurs clés

Plus qu’une simple réunion, cette TCAC a été un véritable forum de dialogue réunissant plus de 75 participant(e)s autour des enjeux cruciaux de l’agriculture communale. Il y a lieu de souligner notamment la présence de :

  • Autorités Locales : Maires (Myriame Jean Louis et Jean Marie Naissant), CASEC et ASEC, soulignant l’engagement politique des élus.
  • Partenaires Techniques : Le Directeur Départemental de l’Agriculture du Sud (DDAS), M. Marcelin Aubourg et son adjoint Fritz Moise, les responsables du BAC de Cavaillon, ainsi que d’autres cadres du secteur.
  • Partenaires Financiers : Des représentants du Mennonite Central Committee (MCC) bailleur du projet RAPASA, du CECI, etc.
  • Acteurs de Terrain : Association de producteurs-trices, association d’irrigants, professionnels évoluant dans le secteur…

Une large vulgarisation du Projet RAPASA

L’ITECA a présenté en détail les réalisations initiales et les orientations stratégiques du projet RAPASA, visant l’amélioration durable de la sécurité alimentaire dans la commune. Les discussions qui ont suivi ont permis de débattre des axes d’intervention, de leurs retombées potentielles pour la commune de Cavaillon, et de leur articulation avec les priorités de la Direction Départementale Agricole du Sud (DDAS).

Cette initiative communale fait suite à une présentation du projet au niveau de la Table de Concertation Sectorielle Agricole Départementale du Sud, assurant ainsi une coordination verticale des efforts.

La gouvernance agricole locale doit être participative

La tenue de cette TCAC dans la commune de Cavaillon illustre l’engagement profond de l’ITECA pour le renforcement de la gouvernance agricole locale. En appuyant ces espaces de concertation inclusifs, l’organisation soutient les paysannes et paysans dans leurs projets de lutte collective, leur permettant d’influencer positivement les politiques agricoles et de transformer durablement leurs conditions d’existence.

À travers le projet RAPASA, l’ITECA réaffirme sa mission : accompagner les communautés à devenir les piliers de leur propre développement.

PROCLIMA : POUR UNE ADAPTATION DE L’AGRICULTURE PAYSANNE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Port-au-Prince, le 07 novembre 2018._ Ce mercredi 07 novembre 2018, l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) en partenariat avec Développement et Paix (Caritas Canada) a lancé aux Cayes, un projet de soutien à l’adaptation aux changements climatiques dans les systèmes de production agricole paysanne dans le Sud. Dénommé PROCLIMA, ce projet vise à améliorer la sécurité alimentaire des populations du département du Sud d’Haïti (Communes de Cavaillon, Maniche, St Louis du Sud et Aquin) par l’utilisation de techniques agricoles adaptées et le développement durable des filières bioalimentaires.

« Pour se préparer à faire face aux impacts des prochains aléas climatiques, le Département du Sud doit accroitre sa production alimentaire en adoptant des pratiques culturales qui permettent de renforcer la résistance du territoire agricole à la variabilité des précipitations, aux inondations, aux ouragans et aux tempêtes. Mais pour assurer la pérennité des actions, des investissements importants sont requis pour renforcer le capital social du Département, particulièrement des organisations de producteurs et productrices », explique le Directeur Exécutif de l’ITECA, M. Chenet Jean-Baptiste, pour démontrer le bien-fondé de ce projet.

Le coordonnateur de PROCLIMA, Joseph Andrénord André, lors de son intervention à la cérémonie de lancement du projet.

Dans le cadre du PROCLIMA, ITECA et les organisations de producteurs et productrices misent sur de nouveaux modèles de production à la fois durable et résiliente, capable à la fois de contribuer à la sécurité alimentaire et de protéger l’environnement. L’enjeu majeur est de substituer les jardins agro-forestiers aux cultures vivrières qui prédominent actuellement sur les flancs des versants. La stratégie de mise en œuvre inclut les activités telles :

  • Réalisation de campagne de sensibilisation auprès des producteurs et productrices exploitant une ou plusieurs parcelles de terre sur les versants ciblés en vue de s’assurer de leur adhésion à la mise en place et l’entretien des jardins agro-forestiers.
  • Formation et l’encadrement des producteurs et productrices sur certaines thématiques comme les techniques de compostage et la gestion des parcelles agro-forestières. L’objectif poursuivi est de les sensibiliser sur les avantages économiques et environnementaux inhérents aux modèles agro-forestiers et de les initier à l’entretien des parcelles forestières et agro-forestières.
  • Production de plantules greffées d’arbres fruitiers (caféiers, manguiers, avocatiers et agrumes) et forestiers (leucena, cèdre, moringa, campêche, etc.) et de boutures d’igname, de malanga et d’herbes fourragères.

Il s’agira aussi d’associer la production agricole à l’élevage de poules ou de lapin à des fins alimentaires mais aussi  commerciales, en vue de la diversification des revenus des producteurs et productrices pour  les rendre moins vulnérables aux incertitudes liées aux changements climatiques.

Doté d’une enveloppe de $ 1, 333,069 CA (en provenance du Fonds vert du gouvernement du Québec) pour une période de trois ans, PROCLIMA sera mis en œuvre par l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) en partenariat avec Développement et Paix (Caritas Canada) et des organisations paysannes implantées dans la zone d’intervention du projet. Les autorités locales et les structures déconcentrées des Ministères de l’Agriculture, des Ressources

Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) et de l’Environnement (MDE) s’associeront aux organisations paysannes dans  la recherche de solutions durables en matière d’adaptation. À terme, le projet aura contribué à augmenter la production agricole locale par des pratiques culturales appropriées, à renforcer la gouvernance et la gestion des organisations de productrices et de producteurs ainsi que leur positionnement au sein de certaines filières bioalimentaires porteuses.

« Ce projet favorisera la prise en charge par les Haïtiennes et les Haïtiens de leur propre développement. Les activités, qui chercheront à réduire la dépendance aux aliments importés par l’augmentation de la production locale, visent également le renforcement, chez les paysannes et paysans producteurs, de l’estime d’eux-mêmes et de leur dignité » a déclaré Christian Champigny, directeur par intérim du Service des programmes internationaux à Développement et Paix – Caritas Canada.

Mary Durand, Chargée de programmes Amérique latine (Haïti, Pérou, Honduras) à Developpement et Paix, lors de son intervention à la cérémonie de lancement du projet PROCLIMA.

Ce projet est réalisé grâce à la participation financière du Gouvernement du Québec.

À propos de ITECA

Fondé en 1978 par un groupe de professionnels et de religieux haïtiens, l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA est une organisation à but non lucratif, non confessionnelle et apolitique. En tant qu’institution d’éducation populaire c’est un lieu d’échange, d’analyse, de formation, afin de renforcer l’action des organisations paysannes. ITECA a opéré un choix conscient en faveur des  communautés paysannes les plus démuniEs en mettant à leur disposition certaines ressources nécessaires dans l’appui de projets durables dans les domaines de l’agriculture paysanne, de l’élevage tout en leur facilitant l’accès aux services sociaux de base, dans un souci de justice et d’équité.

 

À propos de Développement et Paix – Caritas Canada

Développement et Paix – Caritas Canada est une organisation non gouvernementale de développement international fondée en 1967 dans le but d’inspirer la population canadienne à agir en solidarité avec ses sœurs et frères des pays du Sud qui subissent l’injustice de la pauvreté. Elle se définit comme un mouvement fort et diversifié regroupant des Canadiennes et des Canadiens de l’ensemble du pays qui agissent pour la justice, afin de permettre aux personnes les plus pauvres de vivre dans le respect et la dignité. Depuis sa création il y a plus de 50 ans, Développement et Paix a soutenu plus de 15 200 initiatives locales dans des domaines liés à la justice écologique, à la justice pour les femmes, à la démocratie, à la participation citoyenne, ainsi que la paix et à la réconciliation dans 70 pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et du Moyen-Orient.

 

À propos du Fonds vert

Rappelons que le Fonds vert du Québec, où 100 % des revenus générés par les ventes aux enchères du marché du carbone sont versés, finance notamment la mise en œuvre des mesures du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques. Ces dernières visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à améliorer la capacité d’adaptation de la société québécoise aux impacts des changements climatiques. Jusqu’à maintenant, le marché du carbone a généré des revenus de plus de 2,4 milliards de dollars pour le Québec, qui servent à soutenir les entreprises, les municipalités, les institutions et les citoyenNEs québécoisEs dans leur transition vers un monde plus sobre en carbone.

 

À propos du Programme de coopération climatique internationale

Doté d’une enveloppe de 18 millions de dollars sur cinq ans, le Programme de coopération climatique internationale appuie des projets d’organisations québécoises du secteur privé, des milieux de la solidarité internationale et de la recherche visant la réduction des émissions de GES et l’adaptation aux impacts des changements climatiques dans les pays francophones les plus vulnérables à ces impacts.

                                                                               

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