Projet d’Appui au Relèvement dans 5 communes du Sud (PARECOM) | Un outil participatif de réponse post-séisme

L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), en soutien aux communautés paysannes, met en œuvre le Projet d’Appui au Relèvement dans 5 communes du département du Sud (PARECOM). Ce projet vise à contribuer à la réduction de façon durable de la vulnérabilité de la population de 5 communes : Aquin, Cavaillon, Cayes, Maniche et Saint-Louis du Sud, considérablement touchées par le séisme du 14 août 2021. Des paysans et paysannes (1244 dont 569 femmes) issus de 12 communautés et appartenant à 42 associations paysannes sont directement touchés.es par l’action du PARECOM.

Ce programme recherche une consolidation de l’économie paysanne en s’appuyant sur trois (3) composantes opérationnelles. D’abord, l’appui aux urgences et au développement agricole durable par l’introduction de nouvelles pratiques culturales au niveau des micro-bassins versants, et d’autres cultures à forte valeur ajoutée. Ensuite, il contribue au relogement de familles paysannes. Et enfin, à travers le volet Environnement et GRD, il s’agit de sensibiliser/former des acteurs communautaires sur la problématique environnementale et de susciter une dynamique devant aboutir à la construction de plans de protection/mitigation.

Le PARECOM intervient dans un contexte où les saisons (pluvieuses et sèches) deviennent de plus en plus irrégulières en Haïti en raison des effets des changements climatiques. Il a permis d’accompagner des agriculteurs dont les récoltes sont soumises aux variations saisonnières au niveau de trois (3) campagnes agricoles, avec comme principales activités :

  1. L’acquisition et la distribution de semences, d’outils agricoles, de plantules fruitières et forestières ;
  2. La mise en place de jardins agroforestiers, maraîchers, et de parcelles de riz ;
  3. Et l’appui à la mise en place d’ouvrages anti érosifs (seuils en pierres sèches, rampes vivantes, clayonnage.

Ces différentes activités concernent la première et la troisième composante, respectivement pour les sous-composantes « Appui aux campagnes agricoles et Protection des sols et de l’environnement ».

Le programme PARECOM s’étend sur trois (3) ans et sa mise en œuvre se réalise avec l’appui des autorités locales et des services déconcentrés de l’État.

La campagne agricole de l’hiver 2022 a reçu l’appui de Développement et Paix, FOKAL et Mennonite Central Committee (MCC). En outre, la mise en œuvre de manière globale du PARECOM pour la première année et pour l’année 2023 a bénéficié également du soutien de : Agence Française de Développement (AFD), CCFD-TS, Manos Unidas, Broederlijk Delen, Fondation Roncalli et du MRIF (Gouvernement du Québec).

Journée mondiale de l’environnement – Campagne de sensibilisation sur la protection de l’environnement dans les communes de Saint-Marc, Verettes et Gros-Morne (département de l’Artibonite) – du 30 mai au 5 juin 2022

A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), et ses partenaires locaux (KOTKOPAS, KOPWOKTAV, KONDEP et KOPKOMG), ont réalisé une campagne de sensibilisation sur l’environnement dans le département de l’Artibonite notamment à Saint-Marc, à Verettes et à Gros-Morne du 30 mai au 5 juin 2022 autour du thème : « Yon sèl tè pou nou tout, ann pwoteje l. » Cette activité s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui à l’amélioration durable des Conditions de vies des ménages dans les communes de Saint-Marc, Verettes et Gros-Morne (PRAADUM) qui est financièrement appuyé par Manos Unidas.

Ces journées de mobilisation et de sensibilisation sur la protection de l’environnement ont été réalisées dans les écoles et dans les églises à travers des conférences-débats sur des thématiques liées à l’environnement et des sessions de formation. Dans la commune de Gros-Morne 5 écoles (l’Ecole National Charlotin Marcadieu, l’Ecole Nationale de la 4ème section de l’Acul, l’Ecole Nationale de la Ravine de Gros-Morne et l’Ecole Nationale de Rivière Mancelle) et deux églises (l’Eglise Adventiste de Rivière Mancelle et l’Eglise Baptiste de Gros-Morne) ont été sélectionnées dans le cadre de cette mobilisation. Dans la commune de Saint-Marc, l’Ecole Nationale de Wozo, l’Ecole Protestante Marius Virgile et l’Ecole Presbytérale de Fondibwa ont été priorisées. Et, pour la commune de Verettes, il s’agit de l’Ecole Benoit Batraville et l’Ecole Nationale Bab.

Ces journées de mobilisation et de sensibilisation ont renforcé l’intérêt des acteurs des 3 communes touchées du département de l’Artibonite autour de l’enjeu stratégique constitué par la protection de l’environnement. Elle y est associée la nécessité de promouvoir des mesures concrètes d’adaptation aux changements climatiques.

Saison cyclonique: l’ITECA mobilisé auprès des communautés

Formation en GRD pour les membres du Comité Local Protection Civile dans la localité de Mare-Henri

Le mois de juin marque l’ouverture officielle de la saison cyclonique qui s’étend jusqu’au 30 novembre 2022. Haïti, en raison de sa position dans le bassin des Caraïbes (lui-même situé dans l’océan Atlantique (Nord) et près du golfe du Mexique) est, durant cette période, exposée aux évènements cycloniques. Pour cette année, l’Unité Hydrométéorologique d’Haïti (UHM) a prévu dix-neuf (19) tempêtes tropicales dont neuf (9) ouragans avec quatre (4) pouvant évoluer en ouragans majeurs, de catégorie 3 ou plus, avec des vents de 185 km/h selon l’UHM. Environ six (6) des dix (10) départements géographiques du pays sont susceptibles d’être affectés par ces évènements cycloniques notamment le Nord, le Centre, l’Artibonite, l’Ouest, le Sud-Est et la Grande-Anse.

L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) avec la Gestion des Risques et des Désastres (GRD) comme axe stratégique d’intervention, travaille au renforcement des capacité des communautés rurales et des autorités locales pour une meilleure gouvernance en GRD afin de réduire les vulnérabilités et augmenter la résilience communautaire. A travers plusieurs programmes, principalement ‘’Réponse aux Risques pour un Développement Durable’’ (R2D2) financé par l’Agence Française de Développement (AFD) ; également le Programme d’Appui à la Gouvernance Décentralisée (PAGODE) bénéficiant de l’appui financier de l’Ambassade de Suisse et d’autres actions mises en œuvre avec le financement de l’Ambassade de France, l’ITECA contribue au renforcement de préparation et de réponse des communautés aux risques cycloniques.

En partenariat avec la Protection Civile, plusieurs actions sont conduites dans le Sud et le Centre : mise en place de CLPC (4) / CCPC (5), formation et distribution de matériels d’intervention en réponse aux urgences. D’autres actions du même type sont en perspective avec un appui de Cités Unies de France (CUF)

L’ITECA restera mobilisé pendant toute la saison cyclonique auprès des communautés bénéficiant de son accompagnement. Et en étroite collaboration avec les instances locales de la Protection Civile et les autorités locales, il contribuera en cas de catastrophes aux réponses de manière adéquate et efficace.

PLAIDOYER POUR L’INTÉGRATION DES OSC HAITIENNES DANS LE SNGRD

Le 19 avril 2022, à l’Hôtel MONTANA, le Dispositif “Réponses aux Risques pour un Développement Durable” (R2D2) regroupant ADEMA-ITECA-Veterimed et soutenu par l’Agence Française de Développement (AFD), a organisé un atelier de plaidoyer pour la participation des organisations de la société civile haïtienne (OSC) dans la gestion des risques et des désastres (GRD) et leur intégration dans le système national de gestion de risques et de désastres (SNGRD).

Les participants.es à cet atelier, environ une trentaine, représentant des OSC locales et avec la présence de quelques ONG internationales et d’OCHA, sont d’avis que les OSC ont un rôle important à jouer dans la gestion des risques et des désastres, en amont ou avant (prévention, préparation), pendant (opération de secours, assistance aux victimes) et en aval ou après (dans le relèvement et la poursuite des activités de développement). Ils.elles croient également que les OSC, quoique certaines intègrent déjà le SNGRD au niveau local et communal, doivent s’insérer dans la structure du système au plus haut niveau décisionnel pour pouvoir influencer les politiques en matière de gestion des risques et des désastres dans le pays. Néanmoins, ils.elles reconnaissent que certaines barrières doivent être franchies par les OSC locales, telles que :

  • Leur faible capacité technique et opérationnelle dans la gestion des risques et des désastres
  • La faiblesse en matière de gestion administrative et financière touchant nombre d’entre elles
  • Leurs difficultés à s’adapter aux procédures de financement des bailleurs de fonds

Le plaidoyer doit aussi viser un meilleur équilibre dans la relation entre ONG internationales et OSC nationales. Et l’objectif visant la localisation de l’aide – comme l’exemple constitué par le Dispositif R2D2 – doit être promu ou vulgarisé.

Tous.tes les participants.es à l’atelier ont estimé que le dispositif R2D2 doit, d’une part, s’ouvrir à d’autres OSC et, d’autre part, constituer un outil de facilitation pour l’intégration des OSC nationales au SNGRD à l’exemple de l’AGERCA qui représente les entreprises privées.

En effet, le Dispositif R2D2 est une initiative pilote qui vise à :

a) constituer un vivier d’opérateurs locaux en capacité de répondre professionnellement et rapidement à une catastrophe naturelle ou à un évènement climatique grave et leur permettre ainsi d’agir de façon efficace et rapide en cas d’événement de ce type;

b) renforcer les capacités (administratives, financières, logistiques, gestion de projet, réduction de risque de catastrophes) et améliorer les moyens d’exercice (humains et matériels) de ce vivier dans la durée;

c) mener des actions préventives et d’adaptation aux changements climatiques et intégrer la démarche RRC dans les pratiques opérationnelles des OSC haïtiennes. L’aire d’intervention du dispositif couvre pour l’instant 9 des 10 départements géographiques du pays.

Agroforesterie: la stratégie efficace dans la lutte contre le changement climatique à Verrettes

Roger Odéus est un agriculteur membre de l’organisation paysanne « Combite pour la Défense des Droits et des Intérêts des Paysans » (KODEP) qui évolue à Terre-Nette, 6ième section communale de Verrettes. L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) dans le cadre de son accompagnement aux organisations paysannes de cette communauté a introduit depuis 2017 le jardin agroforestier dans les pratiques agricoles paysannes.

Bénéficiaire de cet appui, la parcelle de l’agriculteur Odéus à Terre-Nette est constituée d’une association diversifiée d’arbres et de cultures.

« Dans mon jardin, je cultive de la canne-à-sucre, du café, du manioc, des bananiers, du malanga, de l’igname, de la patate douce et du petit pois. J’y conserve du bois pour construire des tonnelles et aussi ma maison », précise l’agriculteur. Odéus est satisfait de voir son jardin adapté au climat et à l’environnement.

« L’agroforesterie repose sur l’association d’arbres avec d’autres cultures pour jouer la complémentarité et pour en tirer des effets bénéfiques sur une longue période. » Ce modèle d’agriculture durable s’adapte à toutes les surfaces. Cependant, elle est beaucoup plus recommandée pour les terrains en pente, parce qu’ils sont plus exposés aux risques d’érosion.

Les jardins agroforestiers sont aussi un moyen efficace et adapté à la lutte contre le changement climatique, tout en garantissant à l’agriculteur une récolte diversifiée tout au long de l’année. Ce qui a pour effet d’accroitre ses revenus et de renforcer sa résistance pendant la période de soudure.

Bénita Omistil affirme que « ce modèle de jardin est très utile. Actuellement nous avons planté des ignames, de la patate douce, du malanga, des bananiers et d’autres plantes non fruitières. Après la saison des récoltes, nous pouvons vendre le bois des arbres fruitiers et faire du charbon pour augmenter nos revenus. »

A Terre-Nette, l’accompagnement de l’ITECA dispose d’un volet technique consistant à la réalisation de formations agricoles pour les paysans, la distribution de semences et de moyens utiles à l’entretien des jardins. En 2018, Sirus Any a bénéficié d’un appui de cinq paniers d’ignames qu’il a ajouté à quatre autres.

« Cette année, j’ai planté huit paniers et l’ITECA m’a offert trois autres paniers. Après une évaluation, j’ai vendu 4 autres paniers », indique Any qui se montre satisfait. 

Grâce à l’appui de l’ITECA, des progrès considérables ont été remarqués au niveau des savoir-faire techniques et des connaissances des organisations participantes à Terre-Nette. Malgré les défis qui subsistent dans cette communauté, les leçons tirées de cette expérience témoignent d’une réelle amélioration des pratiques agricoles paysannes.

L’approche des vergers diversifiés, le pari réussi d’ITECA à Gros-Morne

Depuis 2008, l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) s’engage dans la filière mangue à Gros-Morne, région représentant 30% de la production des mangues en Haïti. Auparavant, les paysans ne disposaient d’aucune technique d’amélioration dans la production et l’exploitation de la filière mangue.

Les plantations de manguiers ne respectaient aucune norme requise  pour la structuration d’un verger. Seuls quelques grands dons de la commune possédaient des vergers. Notons qu’un verger se définit comme un espace de terrain dévolu à la culture d’arbres fruitiers, appelée arboriculture fruitière. Ainsi, un verger de mangue est un espace de terrain dévolu à la culture de mangue.  

Berliose Louis, un producteur arrose son son verger à Gros-Morne

Entre 2013 et 2016, ITECA a réussi la première phase d’un projet venant en appui aux producteurs de la commune regroupés au sein d’une coopérative de production, de transformation et de commercialisation. 200 vergers ont été mise en place au cours de cette première phase.

Un total de 277 vergers diversifiés composés de diverses cultures intercalaires telles le pois congo (pois d’angole), le manioc, l’ananas, la patate douce et le bananier ont été mis en place

Une deuxième phase a été lancée en septembre 2017 suite à un diagnostic révélant un faible taux de bénéficiaires parmi les femmes et les jeunes au cours de la première phase.  Cette deuxième phase intègre une autre coopérative, deux regroupements d’organisation et une entreprise sociale d’un regroupement d’organisation de femmes.  

Dès l’entame de la seconde phase, ITECA a initié l’approche des vergers diversifiés. Elle garantit à un producteur ou productrice d’un verger d’autres cultures.

Un total de 277 vergers diversifiés composés de diverses cultures intercalaires telles le pois congo (pois d’angole), le manioc, l’ananas, la patate douce et le bananier ont été mis en place. 113 femmes, 93 hommes, 41 jeunes femmes et 30 jeunes hommes, plus précisément, ont bénéficié de ces vergers dans le cadre de l’implantation de ce projet.

Lisez également: À Gros-Morne, les producteurs de la filière de la mangue ont retrouvé l’espoir grâce au renforcement des coopératives

Ainsi, le calendrier cultural permet au producteur de bénéficier d’une récolte diversifiée et d’un revenu additionnel durant la période de soudure allant du mois d’aout jusqu’au mois de mars, mais aussi pendant la période de croissance des manguiers (les trois premières années),

Cinquante de ces participants ont pu également s’acquérir d’une ruche. Un suivi technique est assuré par l’ITECA et les coopératives afin de veiller à l’entretien des vergers durant toutes les étapes d’évolution de ces vergers. Plusieurs producteurs bénéficiaires de rucher témoignent de leur satisfaction après cette expérience.

Un apiculteur récolte son miel à Carnifisse, Gros-Morne

« Grâce aux formations de l’ITECA, nous pouvons désormais capturer les abeilles qui nous donnent de la cire et du miel. La vente de ces produits augmentent nos revenus et nous aident à payer la scolarité de nos enfants », déclare Jolicœur  Alcimé, un producteur bénéficiaire.

Les parcelles ont été géo référencées à partir de cartes.  Le géo référencement est très important pour le commerce de la mangue au niveau internationale, car il permet la traçabilité des vergers.

Lisez également: Gros-Morne : comment les jeunes ont intégré la filière mangue grâce à l’Economie sociale et solidaire (ESS)

En plus de diversifier les revenus économiques des foyers, l’approche des vergers contribue à à la reforestation, l’amélioration de la couverture végétale et l’adaptation face au changement climatique au niveau de la commune.  

Lancement d’un projet visant à mettre en place 4 Comités Locaux de Protection Civile (CLPC)

Port-au-Prince, le 13 janvier 2020._ La Direction Départementale de la Protection Civile du Sud, en partenariat avec l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), l’Ambassade de France et l’Agence Française de Développement(AFD), procède au lancement d’un projet visant à mettre en place 4 Comités Locaux de Protection Civile (CLPC) dans les sections communales de Fonfrède (2ème) et de Laurent (4ème) de la commune des Cayes, de la 2e section Dory de la commune de Maniche et de la 4e Section Mare Henry de la commune de Cavaillon.

L’évènement se déroulera le 14 janvier 2021 au local de la Direction Départementale de l’Agriculture du Sud (DDAS) en présence des Autorités locales, de plusieurs acteurs de la société civile et des médias.

L’objectif de ce projet vise à réduire la vulnérabilité des communautés rurales face aux aléas naturels à travers la mise en place, l’accompagnement des Comités Locaux de Protection Civile (CLPC) et l’amélioration de la connaissance des risques.

Par conséquent, il tend à : renforcer les capacités opérationnelles et techniques des structures de la Protection civile ;  doter  les acteurs de la capacité à disposer des informations minimales sur les vulnérabilités de leur communauté afin de proposer des actions en vue de les réduire et qu’ils participent activement à la construction de synergie ou d’espaces de concertation en matière de GRD/ACC.

Ce projet s’insère dans le cadre de la thématique transversale de l’ITECA sur la Gestion des risques et des désastres et l’adaptation au changement climatique (GRD/ACC), intégrée dans le Plan stratégique 2019-2023 de l’ITECA.  

Contact presse :

DPC Sud
M. Guillaume Sylvera Coordonnateur Technique
Protection civile du Sud
Pou ITECA
Ing. Agr. Wilphana Rousseau
Responsable de la Gestion des risques des des désastres
iteca.grd@gmail.com | 41544381 • 37587702

La gouvernance au cœur de La Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes

La Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes est consacrée à la gouvernance.

Le 22 décembre 1989, l’Assemblée générale des Nations-Unies adopte consacre, par la résolution A/RE/44/236, le deuxième mercredi du mois d’octobre Journée internationale de la prévention des risques de catastrophes naturelles. La décision a été prise dans le cadre de la Décennie internationale pour la prévention des risques de catastrophes naturelles (1990-1999).

Le 21 décembre 2009, l’Assemblée choisit, par la résolution A/RES/64/200, le 13 octobre comme la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes. Selon l’ONU, l’objectif de cette journée « est de sensibiliser les gens à la manière de prendre des mesures afin de réduire leur risque en cas de catastrophe. »  

Cette année le thème consacré à la journée du 13 octobre est la gouvernance. Selon l’information partagée par l’organisation, «  on peut mesurer le degré de bonne gouvernance des risques de catastrophes en termes de vies sauvées, de réduction du nombre de personnes touchées par une catastrophe et d’atténuation des pertes économiques. »

Les Nations-Unies s’appuient sur la propagation de la pandémie du Covid-19 et du changement climatique afin de pointer l’urgence pour les différentes sociétés d’avoir « une vision claire, de planification et d’institutions compétentes et aptes à agir sur la base de preuves scientifiques dans l’intérêt du public. »

Elle appelle les États Membres qui ont adopté l’accord Sendai en 2015 la nécessité d’élaborer des stratégies nationales et locales de réduction des risques de catastrophes d’ici la fin de l’année 2020.

Face à cette remarque, le Gouvernement haïtien, dans sa note publiée à l’occasion de cette journée, répond à « poursuivre avec plus d’efficacité l’objectif qu’il s’était fixé dans son premier Plan de GRD élaboré en 2001, à savoir, agir sur les causes et les facteurs qui génèrent l’état des risques, afin de réduire les possibilités de désastre. »

Par le thème retenu pour l’année 2020, la Direction de Protection civile invite toutes les institutions membres du Système National de Gestion des Risques de désastres ainsi que les partenaires étrangers à se mettre « résolument en action pour une gestion rationnelle du risque, en vue de réduire significativement l’impact des désastres sur notre Pays. »

L’organisation de femme qui ambitionne de développer la commune de Cavaillon

Le 8 mars 2000, l’Organisation des femmes en action à Pliché (OFAP) a vu le jour à la quatrième section de Cavaillon. Cette institution combine agriculture et promotion des droits des femmes

Il est environ 11 heures du matin. Des femmes font un incessant va-et-vient entre une fontaine et des barils vides disposés sur une plantation. Elles sont environ une vingtaine assignée à cette tâche pour le jour. Mais en réalité, l’Organisation des femmes à Pliché (OFAP) regroupe 108 femmes de divers âges. « Nous formons 10 groupes. Du lundi au vendredi, 2 groupes de femmes accomplissent les travaux respectifs qui leur ont été confiés en réunion, explique Rosita Naissant, un membre de l’organisation. […] Si deux groupes arrosent un jour, deux autres sarcleront le lendemain.»

Pliché vit essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Et pendant longtemps, ce sont les hommes qui ont été au-devant de la scène, dès qu’il a été question de travailler la terre. « Les femmes se chargeaient de cuisiner et de vendre les récoltes », se rappelle Louise Naissant, ancienne Directrice de l’école presbytérale de Pliché. « Aujourd’hui, continue celle qui a fondé l’OFAP, nous pouvons manier les roues au même titre que les hommes. » Pour celle qui a initié l’organisation après 16 ans dans l’enseignement, labourer et planter offrent des opportunités économiques. « J’ai voulu que les femmes soient autonomes dans la gestion des ressources de la terre», avance Louise.

Un bâtiment entouré d’une vaste plantation de pépinières accueille les rencontres hebdomadaires programmées pour statuer sur les différents projets de l’organisation. L’espace commun de travail de l’OFAP s’étend sur plusieurs carreaux. On y trouve des centaines de caféiers, de citronniers, de cèdres, de bananiers et d’autres plantules. « Pendant plusieurs années, nous avons mis ensemble nos maigres moyens pour acquérir ce terrain au prix de 20 000 gourdes », soutient Saintalia Pierre qui a été élue coordonnatrice générale de l’organisation le 8 mars dernier. « En 2016, l’Oxfam nous a construit ce local dans le cadre d’un projet en réponse à l’ouragan Matthew ».

Un modèle de solidarité

Après la récolte, les membres de l’OFAP vendent les denrées, mettent de l’argent de côté et achètent ensuite de nouvelles plantules. Puis, elles partagent les bénéfices. «Cela nous permet de pérenniser le travail et d’avoir toujours un peu d’argent en poche », déclare Saintalia.

Des femmes font un incessant va-et-vient entre une fontaine et des barils vides disposés sur une plantation.

 Par ailleurs, les différentes activités de l’organisation constituent un appui pour les familles. Yolette Louis-Jeune, un autre membre, avance que c’est son mari qui s’occupe des plantules, des semences ou des animaux qu’elle rapporte à la maison. Clemelide Jemiel, une femme frisant la soixantaine, affirme que son mari a progressivement compris l’importance des initiatives de l’OFAP. En plus, ses enfants l’accompagnent au jardin durant les vacances.

L’organisation confie aux femmes selon leur vulnérabilité, des brebis et des chèvres qu’elles doivent remettre seulement après accouchement. « Les petits nous reviennent de droit. Ainsi, nous pouvons constituer notre propre bétail. Ce qui nous procure une certaine autonomie financière», précise la coordonnatrice.

Selon Louise Naissant, l’OFAP n’a pas de financement externe. C’est ensemble que les membres font face aux difficultés. Dans cette optique, un frais de 30 gourdes est exigé des participantes lors des réunions hebdomadaires afin d’alimenter un mutuel qu’elles ont formé. « En cas de difficulté, un membre pourra facilement prêter de l’argent à un taux de remboursement de 2% », prolonge-t-elle.

 Un pari contre la violence basée sur le genre

Les violences conjugales et le viol étaient fréquents dans la zone avant l’existence de l’OFAP, confient les membres de l’organisation. Elles ont dû inscrire cette thématique dans la liste de leurs priorités.

 A la requête de l’OFAP, des formations basées sur l’équité de genre ont été réalisées conjointement avec des organisations non-gouvernementales pendant plusieurs années. «Nous savons aujourd’hui que personne n’a le droit de lever la main sur nous. Si cela arrive, nous pouvons poursuivre l’agresseur en justice. Et nous savons aussi que la loi nous donne droit à un avocat même quand nous n’avons pas d’argent », admet Yolette Louis-Jeune. Grâce à ces formations, ajoute-t-elle, les cas de violences faites aux femmes ont été réduits à Pliché.

Pour le retour du café à Cavaillon

A cause du déboisement, le café qui représentait la principale production agricole à Cavaillon a disparu depuis quelques années  expliquent des membres de l’OFAP. L’ouragan Matthew a aussi ravagé, en 2016,  plusieurs plantations de cafés dans la commune. L’organisation ambitionne, en compagnie d’autres institutions, de relancer la culture caféière à Cavaillon. « C’est le nouveau défi que nous voulons relever », lance fièrement Louise Naissant.

L’organisation ambitionne, en compagnie d’autres institutions, de relancer la culture caféière à Cavaillon. « C’est le nouveau défi que nous voulons relever », lance fièrement Louise Naissant.

Parallèlement, la région du Sud est frappée par une sévère sécheresse qui inquiète les paysans. L’OFAP pense avoir trouvé une alternative à la situation. « Nous avons opté pour le modèle de jardin agro forestier. C’est une méthode qui permet de produire en un même jardin, des fruits, des cultures vivrières et des arbres forestiers. Elle protège le sol et permet d’avoir des récoltes pendant toute l’année», continue, cette fois, Rosita Naissant.

L’organisation ambitionne, en compagnie d’autres institutions, de relancer la culture caféière à Cavaillon.

L’organisation place la relance du café parmi les réalisations qui devront marquer son vingtième anniversaire. Pour y parvenir, les femmes ne ménagent plus leurs efforts. « Nous  transportons l’eau sur nos têtes pour arroser nos différentes espèces de caféiers régulièrement. Nous œuvrons pour canaliser cette eau jusque vers les plantes afin de ne plus avoir à la transporter», ajoute Rosita.    

Malgré les difficultés liées au financement, l’influence de l’organisation s’en va grandissant. Les retombées attirent aussi de nouveaux membres. «Sans, le support de l’OFAP, je n’aurais pas pu posséder du bétail. Aujourd’hui je peux vendre et acheter des plantules pour ma famille sans attendre le soutien de l’Etat», conclut Clemelide Jemiel, qui est la plus âgée de l’organisation.

 

Ce texte est écrit par la journaliste Laura Louis  qui a remporté le premier prix de la catégorie presse écrite du concours « Prix Jeune Journaliste en Haiti » organisée par l’Organisation Internationale de la francophonie (OIF).   

Laura Louis est journaliste a Ayibopost et étudiante finissante a l’Université d’Etat d’Haiti.

Tout savoir sur la Journée Internationale de la Prévention des Risques de Catastrophes

Le 13 octobre est désigné comme la « Journée Internationale de la Prévention des Risques de Catastrophes. » L’objectif de cette journée est de « promouvoir une culture mondiale de réduction des catastrophes, y compris les mesures de prévention, d’atténuation et de préparation. »

Le 22 décembre 1989, l’Assemblée des Nations-Unies a désigné tous les deuxièmes mercredi du mois d’octobre comme « Journée Internationale de la Prévention des Risques de Catastrophes. »

Puis, en décembre 2009, la journée du 13 octobre a été définitivement choisie dans le but d’inciter les gouvernements et leurs citoyens « à redoubler d’efforts afin de renforcer la résilience des communautés et des nations face aux catastrophes. »

Cependant, cette journée a été choisie pour la décennie 1990-1999, dénommée « décennie internationale pour la prévention des risques de catastrophes. »

Puis, en décembre 2009, la journée du 13 octobre a été définitivement choisie dans le but d’inciter les gouvernements et leurs citoyens « à redoubler d’efforts afin de renforcer la résilience des communautés et des nations face aux catastrophes. »

Les objectifs « Sendai Sept »

Au cours de la troisième conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe en mars 2015, à Sendai, l’organisation a lancé la campagne 2016-2022 s’articulant autour de 7 objectifs.

Au rappel, la campagne « Sendai Sept » a suivi la campagne « Set-up » lancée en 2011, dont l’objectif visait chaque année un groupe de personnes vulnérables et les plus touchées par les catastrophes.

Ainsi, en 2011 la campagne a été consacrée aux jeunes et aux enfants, en 2012 aux femmes et aux filles, en 2013 aux personnes à mobilité réduite, en 2014 aux personnes âgées et en 2015 aux peuples autochtones.

D’autres catastrophes tel le déboisement, les glissements de terrain, l’érosion et l’inondation affectent considérablement la population haïtienne.

Une journée importante pour Haïti

La Journée Internationale de la Prévention des Risques de Catastrophes s’avère importante pour Haïti. En effet, la position géographique de ce pays l’expose à des aléas variables pouvant être de nature géologique, hydrologique et météorologique.

D’autres catastrophes tel le déboisement, les glissements de terrain, l’érosion et l’inondation affectent considérablement la population haïtienne. En même temps le pays fait face à une pression démographique et une vulnérabilité contre les effets du changement climatique.

Selon l’indice des Risques climatiques de Germanwatch, Haiti est le 4e pays le plus touché par les aléas climatiques pour la période allant de 1998 à 2017.

Dans ce contexte, le cadre d’Action de Sendai pour la prévention des catastrophes oblige les communautés à agir dans l’objectif de mitiger les risques pour une réduction de la pauvreté et un développement durable à différentes échelles.

Retrouvez ici les objectifs « Sendai Sept » :

  • 2016- Objectif 1: Réduire nettement, au niveau mondial, d’ici à 2030, la mortalité due aux catastrophes, de sorte que le taux moyen de mortalité mondiale pour 100 000 habitants pendant la décennie 2020-2030 soit inférieur au taux enregistré pendant la période 2005-2015.
  • 2017 –Objectif 2: Réduire nettement, d’ici à 2030, le nombre de personnes touchées par des catastrophes, partout dans le monde, de sorte que le taux moyen mondial pour 100 000 habitants pendant la décennie 2020-2030 soit inférieur au taux enregistré pendant la période 2005-2015.
  • 2018 – Objectif 3: Réduire, d’ici à 2030, les pertes économiques directes dues aux catastrophes en proportion du produit intérieur brut (PIB).
  • 2019 – Objectif 4: Réduire nettement, d’ici à 2030, la perturbation des services de base et les dommages causés par les catastrophes aux infrastructures essentielles, y compris les établissements de santé ou d’enseignement, notamment en renforçant leur résilience.
  • 2020 – Objectif 5: Augmenter nettement, d’ici à 2030, le nombre de pays dotés de stratégies nationales et locales de réduction des risques de catastrophe.
  • 2021 – Objectif 6: Améliorer nettement, d’ici à 2030, la coopération internationale avec les pays en développement en leur fournissant un appui approprié et continu afin de compléter l’action qu’ils mènent à l’échelle nationale pour mettre en œuvre le présent Cadre.
  • 2022 – Objectif 7: Améliorer nettement, d’ici à 2030, l’accès des populations aux dispositifs d’alerte rapide multirisque et aux informations et évaluations relatives aux risques de catastrophe.
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