Agroforesterie: la stratégie efficace dans la lutte contre le changement climatique à Verrettes

Roger Odéus est un agriculteur membre de l’organisation paysanne « Combite pour la Défense des Droits et des Intérêts des Paysans » (KODEP) qui évolue à Terre-Nette, 6ième section communale de Verrettes. L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) dans le cadre de son accompagnement aux organisations paysannes de cette communauté a introduit depuis 2017 le jardin agroforestier dans les pratiques agricoles paysannes.

Bénéficiaire de cet appui, la parcelle de l’agriculteur Odéus à Terre-Nette est constituée d’une association diversifiée d’arbres et de cultures.

« Dans mon jardin, je cultive de la canne-à-sucre, du café, du manioc, des bananiers, du malanga, de l’igname, de la patate douce et du petit pois. J’y conserve du bois pour construire des tonnelles et aussi ma maison », précise l’agriculteur. Odéus est satisfait de voir son jardin adapté au climat et à l’environnement.

« L’agroforesterie repose sur l’association d’arbres avec d’autres cultures pour jouer la complémentarité et pour en tirer des effets bénéfiques sur une longue période. » Ce modèle d’agriculture durable s’adapte à toutes les surfaces. Cependant, elle est beaucoup plus recommandée pour les terrains en pente, parce qu’ils sont plus exposés aux risques d’érosion.

Les jardins agroforestiers sont aussi un moyen efficace et adapté à la lutte contre le changement climatique, tout en garantissant à l’agriculteur une récolte diversifiée tout au long de l’année. Ce qui a pour effet d’accroitre ses revenus et de renforcer sa résistance pendant la période de soudure.

Bénita Omistil affirme que « ce modèle de jardin est très utile. Actuellement nous avons planté des ignames, de la patate douce, du malanga, des bananiers et d’autres plantes non fruitières. Après la saison des récoltes, nous pouvons vendre le bois des arbres fruitiers et faire du charbon pour augmenter nos revenus. »

A Terre-Nette, l’accompagnement de l’ITECA dispose d’un volet technique consistant à la réalisation de formations agricoles pour les paysans, la distribution de semences et de moyens utiles à l’entretien des jardins. En 2018, Sirus Any a bénéficié d’un appui de cinq paniers d’ignames qu’il a ajouté à quatre autres.

« Cette année, j’ai planté huit paniers et l’ITECA m’a offert trois autres paniers. Après une évaluation, j’ai vendu 4 autres paniers », indique Any qui se montre satisfait. 

Grâce à l’appui de l’ITECA, des progrès considérables ont été remarqués au niveau des savoir-faire techniques et des connaissances des organisations participantes à Terre-Nette. Malgré les défis qui subsistent dans cette communauté, les leçons tirées de cette expérience témoignent d’une réelle amélioration des pratiques agricoles paysannes.

L’approche des vergers diversifiés, le pari réussi d’ITECA à Gros-Morne

Depuis 2008, l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) s’engage dans la filière mangue à Gros-Morne, région représentant 30% de la production des mangues en Haïti. Auparavant, les paysans ne disposaient d’aucune technique d’amélioration dans la production et l’exploitation de la filière mangue.

Les plantations de manguiers ne respectaient aucune norme requise  pour la structuration d’un verger. Seuls quelques grands dons de la commune possédaient des vergers. Notons qu’un verger se définit comme un espace de terrain dévolu à la culture d’arbres fruitiers, appelée arboriculture fruitière. Ainsi, un verger de mangue est un espace de terrain dévolu à la culture de mangue.  

Berliose Louis, un producteur arrose son son verger à Gros-Morne

Entre 2013 et 2016, ITECA a réussi la première phase d’un projet venant en appui aux producteurs de la commune regroupés au sein d’une coopérative de production, de transformation et de commercialisation. 200 vergers ont été mise en place au cours de cette première phase.

Un total de 277 vergers diversifiés composés de diverses cultures intercalaires telles le pois congo (pois d’angole), le manioc, l’ananas, la patate douce et le bananier ont été mis en place

Une deuxième phase a été lancée en septembre 2017 suite à un diagnostic révélant un faible taux de bénéficiaires parmi les femmes et les jeunes au cours de la première phase.  Cette deuxième phase intègre une autre coopérative, deux regroupements d’organisation et une entreprise sociale d’un regroupement d’organisation de femmes.  

Dès l’entame de la seconde phase, ITECA a initié l’approche des vergers diversifiés. Elle garantit à un producteur ou productrice d’un verger d’autres cultures.

Un total de 277 vergers diversifiés composés de diverses cultures intercalaires telles le pois congo (pois d’angole), le manioc, l’ananas, la patate douce et le bananier ont été mis en place. 113 femmes, 93 hommes, 41 jeunes femmes et 30 jeunes hommes, plus précisément, ont bénéficié de ces vergers dans le cadre de l’implantation de ce projet.

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Ainsi, le calendrier cultural permet au producteur de bénéficier d’une récolte diversifiée et d’un revenu additionnel durant la période de soudure allant du mois d’aout jusqu’au mois de mars, mais aussi pendant la période de croissance des manguiers (les trois premières années),

Cinquante de ces participants ont pu également s’acquérir d’une ruche. Un suivi technique est assuré par l’ITECA et les coopératives afin de veiller à l’entretien des vergers durant toutes les étapes d’évolution de ces vergers. Plusieurs producteurs bénéficiaires de rucher témoignent de leur satisfaction après cette expérience.

Un apiculteur récolte son miel à Carnifisse, Gros-Morne

« Grâce aux formations de l’ITECA, nous pouvons désormais capturer les abeilles qui nous donnent de la cire et du miel. La vente de ces produits augmentent nos revenus et nous aident à payer la scolarité de nos enfants », déclare Jolicœur  Alcimé, un producteur bénéficiaire.

Les parcelles ont été géo référencées à partir de cartes.  Le géo référencement est très important pour le commerce de la mangue au niveau internationale, car il permet la traçabilité des vergers.

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En plus de diversifier les revenus économiques des foyers, l’approche des vergers contribue à à la reforestation, l’amélioration de la couverture végétale et l’adaptation face au changement climatique au niveau de la commune.  

Lancement d’un projet visant à mettre en place 4 Comités Locaux de Protection Civile (CLPC)

Port-au-Prince, le 13 janvier 2020._ La Direction Départementale de la Protection Civile du Sud, en partenariat avec l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), l’Ambassade de France et l’Agence Française de Développement(AFD), procède au lancement d’un projet visant à mettre en place 4 Comités Locaux de Protection Civile (CLPC) dans les sections communales de Fonfrède (2ème) et de Laurent (4ème) de la commune des Cayes, de la 2e section Dory de la commune de Maniche et de la 4e Section Mare Henry de la commune de Cavaillon.

L’évènement se déroulera le 14 janvier 2021 au local de la Direction Départementale de l’Agriculture du Sud (DDAS) en présence des Autorités locales, de plusieurs acteurs de la société civile et des médias.

L’objectif de ce projet vise à réduire la vulnérabilité des communautés rurales face aux aléas naturels à travers la mise en place, l’accompagnement des Comités Locaux de Protection Civile (CLPC) et l’amélioration de la connaissance des risques.

Par conséquent, il tend à : renforcer les capacités opérationnelles et techniques des structures de la Protection civile ;  doter  les acteurs de la capacité à disposer des informations minimales sur les vulnérabilités de leur communauté afin de proposer des actions en vue de les réduire et qu’ils participent activement à la construction de synergie ou d’espaces de concertation en matière de GRD/ACC.

Ce projet s’insère dans le cadre de la thématique transversale de l’ITECA sur la Gestion des risques et des désastres et l’adaptation au changement climatique (GRD/ACC), intégrée dans le Plan stratégique 2019-2023 de l’ITECA.  

Contact presse :

DPC Sud
M. Guillaume Sylvera Coordonnateur Technique
Protection civile du Sud
Pou ITECA
Ing. Agr. Wilphana Rousseau
Responsable de la Gestion des risques des des désastres
iteca.grd@gmail.com | 41544381 • 37587702

La gouvernance au cœur de La Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes

La Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes est consacrée à la gouvernance.

Le 22 décembre 1989, l’Assemblée générale des Nations-Unies adopte consacre, par la résolution A/RE/44/236, le deuxième mercredi du mois d’octobre Journée internationale de la prévention des risques de catastrophes naturelles. La décision a été prise dans le cadre de la Décennie internationale pour la prévention des risques de catastrophes naturelles (1990-1999).

Le 21 décembre 2009, l’Assemblée choisit, par la résolution A/RES/64/200, le 13 octobre comme la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes. Selon l’ONU, l’objectif de cette journée « est de sensibiliser les gens à la manière de prendre des mesures afin de réduire leur risque en cas de catastrophe. »  

Cette année le thème consacré à la journée du 13 octobre est la gouvernance. Selon l’information partagée par l’organisation, «  on peut mesurer le degré de bonne gouvernance des risques de catastrophes en termes de vies sauvées, de réduction du nombre de personnes touchées par une catastrophe et d’atténuation des pertes économiques. »

Les Nations-Unies s’appuient sur la propagation de la pandémie du Covid-19 et du changement climatique afin de pointer l’urgence pour les différentes sociétés d’avoir « une vision claire, de planification et d’institutions compétentes et aptes à agir sur la base de preuves scientifiques dans l’intérêt du public. »

Elle appelle les États Membres qui ont adopté l’accord Sendai en 2015 la nécessité d’élaborer des stratégies nationales et locales de réduction des risques de catastrophes d’ici la fin de l’année 2020.

Face à cette remarque, le Gouvernement haïtien, dans sa note publiée à l’occasion de cette journée, répond à « poursuivre avec plus d’efficacité l’objectif qu’il s’était fixé dans son premier Plan de GRD élaboré en 2001, à savoir, agir sur les causes et les facteurs qui génèrent l’état des risques, afin de réduire les possibilités de désastre. »

Par le thème retenu pour l’année 2020, la Direction de Protection civile invite toutes les institutions membres du Système National de Gestion des Risques de désastres ainsi que les partenaires étrangers à se mettre « résolument en action pour une gestion rationnelle du risque, en vue de réduire significativement l’impact des désastres sur notre Pays. »

L’organisation de femme qui ambitionne de développer la commune de Cavaillon

Le 8 mars 2000, l’Organisation des femmes en action à Pliché (OFAP) a vu le jour à la quatrième section de Cavaillon. Cette institution combine agriculture et promotion des droits des femmes

Il est environ 11 heures du matin. Des femmes font un incessant va-et-vient entre une fontaine et des barils vides disposés sur une plantation. Elles sont environ une vingtaine assignée à cette tâche pour le jour. Mais en réalité, l’Organisation des femmes à Pliché (OFAP) regroupe 108 femmes de divers âges. « Nous formons 10 groupes. Du lundi au vendredi, 2 groupes de femmes accomplissent les travaux respectifs qui leur ont été confiés en réunion, explique Rosita Naissant, un membre de l’organisation. […] Si deux groupes arrosent un jour, deux autres sarcleront le lendemain.»

Pliché vit essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Et pendant longtemps, ce sont les hommes qui ont été au-devant de la scène, dès qu’il a été question de travailler la terre. « Les femmes se chargeaient de cuisiner et de vendre les récoltes », se rappelle Louise Naissant, ancienne Directrice de l’école presbytérale de Pliché. « Aujourd’hui, continue celle qui a fondé l’OFAP, nous pouvons manier les roues au même titre que les hommes. » Pour celle qui a initié l’organisation après 16 ans dans l’enseignement, labourer et planter offrent des opportunités économiques. « J’ai voulu que les femmes soient autonomes dans la gestion des ressources de la terre», avance Louise.

Un bâtiment entouré d’une vaste plantation de pépinières accueille les rencontres hebdomadaires programmées pour statuer sur les différents projets de l’organisation. L’espace commun de travail de l’OFAP s’étend sur plusieurs carreaux. On y trouve des centaines de caféiers, de citronniers, de cèdres, de bananiers et d’autres plantules. « Pendant plusieurs années, nous avons mis ensemble nos maigres moyens pour acquérir ce terrain au prix de 20 000 gourdes », soutient Saintalia Pierre qui a été élue coordonnatrice générale de l’organisation le 8 mars dernier. « En 2016, l’Oxfam nous a construit ce local dans le cadre d’un projet en réponse à l’ouragan Matthew ».

Un modèle de solidarité

Après la récolte, les membres de l’OFAP vendent les denrées, mettent de l’argent de côté et achètent ensuite de nouvelles plantules. Puis, elles partagent les bénéfices. «Cela nous permet de pérenniser le travail et d’avoir toujours un peu d’argent en poche », déclare Saintalia.

Des femmes font un incessant va-et-vient entre une fontaine et des barils vides disposés sur une plantation.

 Par ailleurs, les différentes activités de l’organisation constituent un appui pour les familles. Yolette Louis-Jeune, un autre membre, avance que c’est son mari qui s’occupe des plantules, des semences ou des animaux qu’elle rapporte à la maison. Clemelide Jemiel, une femme frisant la soixantaine, affirme que son mari a progressivement compris l’importance des initiatives de l’OFAP. En plus, ses enfants l’accompagnent au jardin durant les vacances.

L’organisation confie aux femmes selon leur vulnérabilité, des brebis et des chèvres qu’elles doivent remettre seulement après accouchement. « Les petits nous reviennent de droit. Ainsi, nous pouvons constituer notre propre bétail. Ce qui nous procure une certaine autonomie financière», précise la coordonnatrice.

Selon Louise Naissant, l’OFAP n’a pas de financement externe. C’est ensemble que les membres font face aux difficultés. Dans cette optique, un frais de 30 gourdes est exigé des participantes lors des réunions hebdomadaires afin d’alimenter un mutuel qu’elles ont formé. « En cas de difficulté, un membre pourra facilement prêter de l’argent à un taux de remboursement de 2% », prolonge-t-elle.

 Un pari contre la violence basée sur le genre

Les violences conjugales et le viol étaient fréquents dans la zone avant l’existence de l’OFAP, confient les membres de l’organisation. Elles ont dû inscrire cette thématique dans la liste de leurs priorités.

 A la requête de l’OFAP, des formations basées sur l’équité de genre ont été réalisées conjointement avec des organisations non-gouvernementales pendant plusieurs années. «Nous savons aujourd’hui que personne n’a le droit de lever la main sur nous. Si cela arrive, nous pouvons poursuivre l’agresseur en justice. Et nous savons aussi que la loi nous donne droit à un avocat même quand nous n’avons pas d’argent », admet Yolette Louis-Jeune. Grâce à ces formations, ajoute-t-elle, les cas de violences faites aux femmes ont été réduits à Pliché.

Pour le retour du café à Cavaillon

A cause du déboisement, le café qui représentait la principale production agricole à Cavaillon a disparu depuis quelques années  expliquent des membres de l’OFAP. L’ouragan Matthew a aussi ravagé, en 2016,  plusieurs plantations de cafés dans la commune. L’organisation ambitionne, en compagnie d’autres institutions, de relancer la culture caféière à Cavaillon. « C’est le nouveau défi que nous voulons relever », lance fièrement Louise Naissant.

L’organisation ambitionne, en compagnie d’autres institutions, de relancer la culture caféière à Cavaillon. « C’est le nouveau défi que nous voulons relever », lance fièrement Louise Naissant.

Parallèlement, la région du Sud est frappée par une sévère sécheresse qui inquiète les paysans. L’OFAP pense avoir trouvé une alternative à la situation. « Nous avons opté pour le modèle de jardin agro forestier. C’est une méthode qui permet de produire en un même jardin, des fruits, des cultures vivrières et des arbres forestiers. Elle protège le sol et permet d’avoir des récoltes pendant toute l’année», continue, cette fois, Rosita Naissant.

L’organisation ambitionne, en compagnie d’autres institutions, de relancer la culture caféière à Cavaillon.

L’organisation place la relance du café parmi les réalisations qui devront marquer son vingtième anniversaire. Pour y parvenir, les femmes ne ménagent plus leurs efforts. « Nous  transportons l’eau sur nos têtes pour arroser nos différentes espèces de caféiers régulièrement. Nous œuvrons pour canaliser cette eau jusque vers les plantes afin de ne plus avoir à la transporter», ajoute Rosita.    

Malgré les difficultés liées au financement, l’influence de l’organisation s’en va grandissant. Les retombées attirent aussi de nouveaux membres. «Sans, le support de l’OFAP, je n’aurais pas pu posséder du bétail. Aujourd’hui je peux vendre et acheter des plantules pour ma famille sans attendre le soutien de l’Etat», conclut Clemelide Jemiel, qui est la plus âgée de l’organisation.

 

Ce texte est écrit par la journaliste Laura Louis  qui a remporté le premier prix de la catégorie presse écrite du concours « Prix Jeune Journaliste en Haiti » organisée par l’Organisation Internationale de la francophonie (OIF).   

Laura Louis est journaliste a Ayibopost et étudiante finissante a l’Université d’Etat d’Haiti.

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