La mise en œuvre du Projet d’appui au renforcement du Système National de Gestion des Risques et Désastres, un levier pour le renforcement de la résilience communautaire

Formation pour les membres du Comité Local de la Protection Civile de la commune de Maniche (SUD) à la Mairie de la commune

L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), dans la limite de ses actions, œuvre en faveur du bien-être des communautés en promouvant leur émergence comme actrices collectives. Les actions de l’ITECA portent sur le développement rural, en soutien au mouvement paysan, et sur la Gestion des Risques et des Désastres en termes d’actions d’urgence et de relèvement post-urgence. De ce fait, l’environnement et le changement climatique deviennent l’un des axes transversaux de stratégie d’intervention de l’ITECA.

Haïti est l’un des pays les plus sévèrement affectés par les catastrophes naturelles compte tenu de sa situation dans les Caraïbes. Outre sa position sur la trajectoire des cyclones tropicaux, la configuration du pays l’expose aux aléas naturels. Haïti est désormais le troisième pays le plus touché par les catastrophes naturelles au niveau mondial (Germanwatch). Avec le temps, les changements climatiques accélèrent le niveau de vulnérabilité physique, économique et sociale des communautés. Les problèmes relevant de la GRD constituent un facteur limitant à la résilience communautaire que poursuit l’ITECA.

Au regard du diagnostic des territoires sur lesquels l’ITECA intervient, le renforcement des capacités des collectivités est retenu comme étant l’une des principales nécessités apparues et le besoin clairement exprimé, pour aboutir à une meilleure gestion des risques. Ainsi, l’adoption de mesures concrètes d’adaptation aux changements climatiques n’est plus une option mais une obligation pour l’ITECA et ses partenaires dans leur stratégie d’intervention.

Dans le cadre de sa démarche pour contribuer à la résilience des communautés, l’ITECA a entrepris diverses actions dont des rencontres et réalisation d’ateliers d’échanges avec les administrations communales et les autorités locales, le renforcement/redynamisation de trois (3) CCPC, l’élaboration/ mise à jour de 3 plans de contingence, l’appui en matériels d’intervention pour les structures communales, la conception et mise en place d’un système de communication et d’alerte précoce, et la mise en place d’un stock de contingence.

Mis à part son appui à la gouvernance décentralisée, l’adaptation aux changements climatiques, l’agriculture paysanne et la gestion des risques et des désastres (GRD), les actions en GRD/ACC de l’ITECA visent à la fois son renforcement interne et le renforcement externe des collectivités territoriales concernées par son action.

En fait, le département du Sud s’avère le plus exposé aux catastrophes naturelles par rapport aux différentes régions d’Haïti. Le séisme du 14 août 2021 avait montré beaucoup de lacunes du côté des autorités locales et d’autres décideurs, en tant que principaux acteurs dans la réponse aux urgences. Cela a amené l’ITECA à intensifier ses efforts de renforcement des capacités et à préparer les communautés à agir en cas d’urgence.

L’ITECA a apporté, de manière pratique, son accompagnement à la Direction Départementale de la Protection Civile du Sud dans le renforcement de Comités Communaux de Protection Civile (CCPC) et la mise en place de Comités Locaux de Protection Civile (CLPC) dans 6 communes de ce département pour une meilleure intégration communautaire, la prise en charge des risques et une meilleure gestion des urgences.

L’ITECA, à l’issue de son appui, souhaite que les acteurs comprennent et maîtrisent leur rôle dans la gestion des risques et la réponse aux urgences sur leur territoire, qu’ils concertent, planifient et mettent en œuvre des actions pour protéger leur territoire, et qu’ils réagissent efficacement en cas d’urgence.

C’est en effet dans l’objectif principal de faciliter une meilleure gouvernance territoriale en matière de GRD en Haïti que l’ITECA a mis en œuvre le Projet d’appui au renforcement du Système National de Gestion des Risques et Désastres (SNGRD) dans le département du Sud, principalement dans les communes de Cavaillon, Maniche et Aquin en raison du même bassin versant que partagent ces trois communes-là.

Ce projet vise comme objectif principal de faciliter une meilleure gouvernance territoriale en matière de GRD afin de réduire les vulnérabilités qui entravent le développement local. Il entend amener les acteurs locaux à comprendre et maîtriser leur rôle dans la gestion des risques et la réponse aux urgences sur leur territoire et à concerter, planifier et mettre en œuvre des actions pour protéger leur territoire et réagir efficacement en cas d’urgence.

L’ITECA envisage donc de développer une action visant à consolider les acquis dans les communautés et de renforcer les interventions sur de nouveaux territoires pour une amélioration de la gouvernance en GRD et de faciliter la préparation aux désastres en vue de réduire les vulnérabilités.

C’est à travers l’appui de Cités Unies de France (CUF), de l’Agence Française de Développement (AFD), de l’Ambassade de France et de la Coopération Suisse que l’ITECA parvient à entériner de telles actions pour son renforcement interne et pour le renforcement externe des collectivités et communautés locales. Un financement complémentaire de l’Ambassade de France à la fin de 2020 avait également permis aux activités d’être étendues à la commune des Cayes. L’ITECA poursuit son engagement aux côtés des paysans.nes dans le cadre de leurs luttes et revendications pour le changement de leurs conditions de vie.

Projet d’Appui au Relèvement dans 5 communes du Sud (PARECOM) | Un outil participatif de réponse post-séisme

L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA), en soutien aux communautés paysannes, met en œuvre le Projet d’Appui au Relèvement dans 5 communes du département du Sud (PARECOM). Ce projet vise à contribuer à la réduction de façon durable de la vulnérabilité de la population de 5 communes : Aquin, Cavaillon, Cayes, Maniche et Saint-Louis du Sud, considérablement touchées par le séisme du 14 août 2021. Des paysans et paysannes (1244 dont 569 femmes) issus de 12 communautés et appartenant à 42 associations paysannes sont directement touchés.es par l’action du PARECOM.

Ce programme recherche une consolidation de l’économie paysanne en s’appuyant sur trois (3) composantes opérationnelles. D’abord, l’appui aux urgences et au développement agricole durable par l’introduction de nouvelles pratiques culturales au niveau des micro-bassins versants, et d’autres cultures à forte valeur ajoutée. Ensuite, il contribue au relogement de familles paysannes. Et enfin, à travers le volet Environnement et GRD, il s’agit de sensibiliser/former des acteurs communautaires sur la problématique environnementale et de susciter une dynamique devant aboutir à la construction de plans de protection/mitigation.

Le PARECOM intervient dans un contexte où les saisons (pluvieuses et sèches) deviennent de plus en plus irrégulières en Haïti en raison des effets des changements climatiques. Il a permis d’accompagner des agriculteurs dont les récoltes sont soumises aux variations saisonnières au niveau de trois (3) campagnes agricoles, avec comme principales activités :

  1. L’acquisition et la distribution de semences, d’outils agricoles, de plantules fruitières et forestières ;
  2. La mise en place de jardins agroforestiers, maraîchers, et de parcelles de riz ;
  3. Et l’appui à la mise en place d’ouvrages anti érosifs (seuils en pierres sèches, rampes vivantes, clayonnage.

Ces différentes activités concernent la première et la troisième composante, respectivement pour les sous-composantes « Appui aux campagnes agricoles et Protection des sols et de l’environnement ».

Le programme PARECOM s’étend sur trois (3) ans et sa mise en œuvre se réalise avec l’appui des autorités locales et des services déconcentrés de l’État.

La campagne agricole de l’hiver 2022 a reçu l’appui de Développement et Paix, FOKAL et Mennonite Central Committee (MCC). En outre, la mise en œuvre de manière globale du PARECOM pour la première année et pour l’année 2023 a bénéficié également du soutien de : Agence Française de Développement (AFD), CCFD-TS, Manos Unidas, Broederlijk Delen, Fondation Roncalli et du MRIF (Gouvernement du Québec).

Pozisyon ITECA nan jounen 8 mas 2020 an

Jodi a nan okazyon jounen 8 mas 2020 an ki se 43zyèm lane depi Nasyonzini te aksepte konsakre jou sa a  kòm Jounen Entènasyonal Dwa fanm yo, n ap pwofite fè yon rapèl sou orijin dat sa.

Orijin 8 mas la se charye batay fanm mennen deja, kit se nan lòt peyi oubyen peyi Dayiti, pou rache yon seri dwa. Li pote siyifikasyon batay òganizasyon fanm peyizan yo mennen nan tout sans pou pwodui pou defann dwa yo kont tout fòm enjistis y ap sibi nan sosyete a.

Se « Clara Zetkin » yon fanm sosyalis nan peyi Almay ki te goumen pou fanm yo gen yon jounen espesyal pou yo,reflechi sou dwa yo. Zektin te pwopoze pou chwazi dat sa a nan dezyèm Konferans Entènasyonal Fanm Sosyalis yo. Yo chwazi dat  8 mas la paske te gen plizyè gwo evènman ki te rive nan dat sa pandan plizyè ane kite pase anvan. Tankou :

8 mas 1917 nan peyi Larisi, anpil fanm te pran lari pou pwoteste kont lagè, grangou ak lavi chè epi yo leve drapo revolisyon an byen wo tou. Sa ki ta pral bay Revolisyon nan peyi sa a yon gwo bourad.

8 mas 1957 nan vil Nouyòk ouvriye fanm yo nan yon izin twal te pwoteste pou mande pi bon  kondisyon travay. Lapolis ak Leta te fè yon represyon anraje sou yo.  Gen anpil nan fanm sa yo ki te mouri jou sa a.

Apre anpil batay pou dat sa a vin ofisyèl nan tout peyi sou latè, Nasyonzini vin rekonèt 8 mas kòm jounen entènasyonal dwa fanm nan lane 1977.

Jounen jodi a n ap bat bravo  pou tèt nou, pou batay nou menm òganizasyon fanm peyizan mennen deja epi n ap kontinye mennen pou dwa nou. N ap batay pou nou jwenn tè pou nou travay, pou nou travay nan pi bon kondisyon, pou nou ka pwodui pi byen pou nou menm ak pou fanmi nou.

N ap kontinye lite pou nou amelyore kondisyon lavi nou, pou nou jwenn dwa lapawòl, dwa pou vote, dwa pou  touche pou travay nou fè, dwa pou kadejak jije kòm krim, dwa pou ti fi gen menm edikasyon ak ti gason, elatriye.

Men malgre anpil òganizasyon fanm ap batay pou defann dwa fanm yo, ou jwenn anpil sektè ki pa tèlman vle apiye mouvman fanm yo. Nan dènye tan sa yo ou jwenn anpil sektè k ap sèvi ak jounen sa a pou regle zafè ekonomik ak politik yo.

Kredi Foto: ITECA

Gen lòt ki chache voye toya ak pwopagann pou minimize lit fanm yo ap mennen. Nan sans sa a, gen moun ki di fanm pa bezwen batay ankò paske yo deja egal ego ak gason. Gen gason ki gen pwoblèm tou ki di fòk yo ta gen jou pa yo. Gen moun ki menm di w pa gen rezon pou n ap selebre 8 mas paske tout fanm fin konnen sa ki 8 mas la.

8 mas jounen jodi a mesaj nou klè, n ap bay fanm yo tout valè yo merite pou batay yo mennen deja epi y ap kontinye mennen pou dwa yo. Depi lontan fanm yo ap lite pou defann dwa yo epi amelyore kondisyon lavi yo. Dwa pou vote, dwa pou yo touche pou travay yo fè, dwa pou kadejak jije kòm krim, dwa pou ti fi gen menm edikasyon ak ti gason, elatriye. Se yon pakèt batay fanm mennen pou fanm yo. Se pa sistèm lan pa p transfòme tèt li. Idewoloji dominant lan vle fè kwè anpil gany mouvman feminis lan rache se efè yon pwogrè otomatik[1].

Nan tout melimelo k ap fèt sou sou do fanm, li enpòtan pou mouvman fanm nan fè tout moun konnen, se batay fanm, epi se batay nou menm fanm sèlman k ap fè pwogrè nou vanse. Transmisyon istwa batay kolektif fanm yo mennen gen tout sans li nan kontèks politik sosyal ak ekonomik n ap viv jounen jodi a.

Sistèm peze souse a  pa p janm chanje pou kont li. Ideyoloji dominan an toujou vle fè kwè anpil gany mouvman fanm yo rache se efè yon pwogrè otomatik.[2] Li dwe klè pou nou  tout se batay nou menm fanm ap mennen  k ap fè dwa fanm yo vanse nan kontèks politik sosyal ak ekonomik n ap viv jounen jodi a.

Depi toujou, malgre tan sa dwe pran mouvman fanm lan dwe mobilize pou transfòme sosyete sa a kote se sistèm patriyakal la ak sistèm peze souse a k ap deside sou dwa fanm. Pou nou rive la, nou konnen yon sèl jou pa kont ! Men 8 mas rete pi bon moman pou nou fè limyè sou tout gany nou rache deja ak sa ki rete pou nou rache, pou nou rive nan yon sosyete ekilibre, solidè, kote jistis blayi tout bon vre.

[1] Christine Delphy, féministe francaise  auteur de plusieurs ouvrage (classer, dominer, Que sont les « autres »

[2] Christine Delphy, féministe française auteur de plusieurs ouvrages (classer, dominer, Que sont les « autres »)

Crise humanitaire dans la commune de Gros-Morne L’ITECA tire la sonnette d’alarme

Port-au-Prince, le 16 octobre 2017._ Le séisme du 6 octobre 2018, malgré sa faible magnitude (5.9 sur l’échelle de Richter), a provoqué des dégâts humains et matériels importants dans la commune de Gros-Morne. Le dernier rapport de la Protection Civile, daté du 8 octobre, fait état de 7 morts, 118 blessés, 510 maisons détruites, 1660 maisons endommagées. Ce bilan reste bien en-dessous de la réalité. De l’aveu même des autorités locales, la collecte d’informations dans les 8 sections communales où vit plus de 70% de la population de la commune (estimée à plus de 100 000 habitants) est loin d’être exhaustive.
L’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) attire l’attention que le séisme du 6 octobre 2018 s’est produit concomitamment avec l’inondation ayant frappé plusieurs sections communales suites à des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la commune. Les rapports de situation ont largement ignoré cet état de fait.
L’ITECA rappelle que les communautés rurales et paysannes de Gros-Morne subissent encore au plan économique le contrecoup de la mauvaise récolte de mangues enregistrée au cours de la saison 2018. La mangue est l’une des principales cultures de la région. Elle représente à elle seule 40% du revenu annuel des producteurs et productrices.
Très proche des communautés rurales et accompagnant sur le terrain depuis 20 ans les associations paysannes,l’ITECA tire la sonnette d’alarme sur la crise humanitaire qui risque de s’installer sur l’ensemble de la commune dans le contexte post sécheresse et inondation et post séisme du 6 octobre 2018. Les paysannes et paysans vivant dans les mornes – déjà dans la plus extrême précarité – en seront les principales victimes. Les femmes et les jeunes ainsi que les enfants en subiront les effets les plus dommageables (insécurité alimentaire aggravée, habitat précaire endommagé ou détruit, viols et harcèlement…).
L’ITECA partie prenante et à l’instar de l’espace MAKÒN – une plateforme de la société civile locale – appelle à une véritable mobilisation des acteurs pour une évaluation globale des dommages au niveau des 8 sections communales. Les PAYSANNES et PAYSANS ne doivent plus être à la fois les principales victimes de l’injustice sociale et les laissés pour compte des dégâts liés aux catastrophes naturelles ou environnementales qui en découlent largement.
L’ITECA avec l’espace MAKÒN tout en saluant les efforts de solidarité mis en place au niveau des différentes communautés appelle à une action d’urgence coordonnée et efficace (abris provisoires, assistance médicale, eau potable et assainissement, accompagnement psycho-social…). Des dispositions urgentes doivent être prises pour que des milliers d’écoliers regagnent leur salle de classe. Et des mesures de protection doivent particulièrement viser les femmes et les filles les plus fragilisées par l’accentuation de la crise du logement.
Enfin, l’ITECA avec l’espace MAKÒN insiste pour que l’État central développe de manière concrète des mécanismes qui renforcent les Comités Locaux de Protection Civile, tels que définis dans le Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD). Cette structure doit être pleinement responsabilisée dans la finalisation de l’évaluation globale des dégâts et l’organisation de l’aide aux victimes.

Contacts presse :
Service Communication et Plaidoyer ITECA
Téléphone : +509 3430-0518 / 2227-7498
Obed Lamy | communication.iteca1@gmail.com
Nakashima Désir| communication.iteca2@gmail.com

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